Passage de la certification LFCS

Il y a quelques semaines, j’ai passé la certification LFCS (Linux Foundation Certified System Administrator). J’ai décidé d’en faire un article car cette certification est assez jeune comparé aux autres (LPIC, RHCSA) et il n’y a pas beaucoup de retour à ce sujet (et aucun en Français à ce jour).

certification

Je prépare aussi la LFCE (Linux Foundation Certified Engineer), je ferais un autre article à ce sujet dés que j’aurais passé cette certification là aussi.

Qu’est-ce que la LFCS ?

La LFCS est une certification qui permet de tester les compétences de base d’un administrateur système. C’est le premier niveau de certification que propose la « The Linux Foundation » et c’est comparable à la certification RHCSA de Red-Hat.

D’après mes recherches, la LFCS semble un peu moins compliqué à passer que la RHCSA mais les compétences testées sont similaires.

Cette certification là est proposé par The Linux Foundation qui est un organisme relativement bien reconnu dans ce milieu. Vous connaissez sans doute certains projets auquel participe cet organisme, le plus connu étant Let’s Encrypt ou encore NodeJS.

La certification est valable pendant deux ans et si vous passez une certification de niveau supérieur (comme la LFCE), cela met à jour la date d’expiration en conséquence.

Quelles sont les avantages de cette certification ?

Pour moi, les avantages de cette certification sont les suivants :

  • L’organisme qui propose la certification est reconnu et est lié au projet Linux. La certification à de la valeur (mais c’est sans doute moins bien reconnu qu’une certification RedHat du fait de la jeunesse de la LFCS).
  • La certification se passe entièrement en ligne, depuis chez vous. Vous avez simplement besoin d’un navigateur web (j’explique cela plus loin).
  • Le prix est raisonnable, 300$ pour les frais de passage de la certification (avec 1 essai supplémentaire inclus), 500$ avec le programme d’entrainement qui va avec (sur une plateforme en ligne). Ils font très régulièrement des réductions, j’ai eu le passage de la certification + cours en lignes pour 179$. Je vous recommande de surveiller cela sur les réseaux sociaux et de vous inscrire à la mailing list. (et j’ai également pris la LFCE pour environs 300$, en cours de passage).
  • Ce n’est pas limité à une distribution particulière, à l’heure ou j’écris cet article, vous avez le choix entre CentOS (7), openSUSE (13.1) ou Ubuntu (14.04). Personnellement j’ai choisi la distribution CentOS car c’est celle que j’utilise à mon travail.
  • C’est mis à jour régulièrement. J’ai commandé le « pack » courant 2015 et cela a été mis à jour courant Février 2016 pour CentOS 7 par exemple (le gros changement étant systemD vs init.d).
  • L’examen est pratique, les questions correspondent à des problèmes que rencontre un administrateur système au quotidien.

Quelles sont les compétences testées ?

La liste complète des compétences testées peut être trouvé ici. En résumé, ça correspond à toutes les taches d’administrations que peut faire un sysadmin junior :

  • Il y a toutes les compétences relatives aux fichiers : savoir se déplacer dans le système de fichier en ligne de commande, modifier des fichiers, faire des recherches, comparer les fichiers, faire des archives/sauvegardes, gérer les permissions, savoir gérer les redirections (>, >>, etc…). Bref, la base sans quoi on ne peut rien faire.
  • Il y a les compétences relatives aux services, savoir démarrer/stopper un service via systemD (ou le système utilisé sur la distribution utilisé), savoir créer un service et les gérer.
  • Il faut savoir maîtriser le système de paquet de sa distribution, comment installer un paquet mais aussi savoir vérifier l’intégrité d’un paquet installer, lister les fichiers proposés par un paquet, voire et gérer les dépendances etc… (pour CentOS, ça veut dire savoir gérer rpm et yum en résumé)
  • Tout ce qui concerne le boot, savoir installer et dépanner un grub, comment passer des options au kernel au boot ou démarrer en single mode
  • Gestion des utilisateurs et groupes
  • Gestion du réseau (lister les adresses IP et interfaces, ajouter une IP, créer des routes, rendre les changements persistants, firewall)
  • Gestion des systèmes de fichiers également. Par exemple, il faut savoir comment créer une partition, gérer le type de la partition, le formatage mais également des choses plus avancés comme LVM ou mdadm.
  • Enfin, il y a des services qu’ils faut maîtriser : installation d’un serveur web, DNS, serveur de mail, proxy et tout cela avec la politique SELinux (ou AppArmor) du système idéalement car cette compétence peut être testée aussi !

Comment se passe le passage de la certification ?

La certification se passe en ligne, dans un navigateur web. Le choix du navigateur web est imposé : Google Chrome (ou sa version libre). En effet, les technologies utilisées ne fonctionnent bien que sur ce navigateur.

Dans le navigateur, vous devez installer un plugin supplémentaire qui va permettre de faire un screencast (capture vidéo) de tous vos écrans (pour contrôler ce que vous faites et empêcher la tricherie !).

Il faut également une webcam et votre environnement doit être neutre : pas de papier, stylos, boissons sur votre bureau. Juste vos écrans, votre ordinateur et clavier/souris. Evidemment, vous devez être seul dans la pièce dans laquelle vous vous trouvez.

Vous avez deux heures pour passer la certification. Cette dernière est contrôlé à distance par une personne qui regarde ce que vous faites pour être sûr que tout se passe dans les règles : vous n’avez pas le droit d’aller sur internet pour chercher une réponse par exemple. Vous avez uniquement le droit d’utiliser l’aide inclus dans le système, c’est-à-dire le man et les documentations dans /usr/share/doc.

Au début de la certification, la personne qui vous surveille va contrôler votre identité. Il faut donc avoir une ou plusieurs pièces d’identités (avec photos) sous la main et vous assurer que c’est lisible via la webcam.

Le navigateur web est coupé en deux parties :

  • A gauche : une barre latéral avec les questions et vos objectifs. Vous avez plus d’une vingtaine d’objectifs qui comportent une ou plusieurs questions sur un point spécifique du domaine de compétence testé.
  • A droite : le shell dans lequel vous tapez vos commandes. Il n’est pas possible d’avoir plusieurs shell mais vous pouvez installer un multiplexeur comme tmux si besoin.

Voici par exemple une capture d’écran qui est trouvable dans la documentation de la certification (en vrai, c’est légèrement différents) :

Fenêtre de l'examen LFCS

Fenêtre de l’examen LFCS

Quelques conseils

Si vous souhaitez passer cette certification, voici quelques conseils :

  • Si vous profitez d’une réduction, prenez le pack avec les cours, vous aurez accès aux cours pendant 1 an, cela vous préparera bien à la certification et vous donnera un plan des connaissances à avoir ou revérifier.
  • Habituez-vous à ne pas pouvoir faire facilement de copier/coller. C’est le gros problème de la méthode du navigateur web, le copier/coller avec CRTL+C et CTRL+V ne fonctionnera pas ! Dans mon cas, le copier/coller avec clic droit de la souris n’a pas fonctionné non plus. Je vous recommande de passer cela sous Linux pour bénéficier du « sélectionner + molette souris » qui est vraiment très pratique ou bien de maîtriser le « CTRL + INSERT » et « SHIFT + INSERT » pour coller.
  • Ne copier/coller pas de gros bloc de code dans le terminal inclus dans le navigateur, c’est le meilleur moyen de faire planter la session en cours.
  • Habituez-vous à ne pas utiliser Google pour trouver la solution à tous vos problèmes. Vous ne pourrez pas faire cela lors de l’examen et à moins de tout retenir, je vous recommande de lire rapidement les pages de manuels (pas pour retenir l’information, ce n’est pas possible de tout retenir, mais savoir qu’elle se situe dans une page de man suffit) et faire un tour dans /usr/share/doc également. En résumé, à défaut de tout retenir il faut savoir comment retrouver l’information manquante.
  • Faites attentions à la timezone lors de la planification de l’examen.
  • Il faut être à l’aise avec l’anglais également, toutes les questions sont en anglais et la personne qui va contrôler votre examen à distance écrit en anglais également.
  • Lisez bien toutes les règles et ressources fournis par la Linux Foundation, les conseils sont très pertinents (notamment pour cette histoire de copier/coller !).
  • Assurez vous que votre pièce d’identité est lisible devant la webcam
  • Attention au temps : si vous bloquez sur une question, faites-vous une note dans un fichier puis passez à la question suivante. A la fin, s’il reste du temps, vous pouvez revenir sur les points bloquants.

Conclusion

Je suis content d’avoir passé cette certification. Je ne savais pas à quoi m’attendre donc je m’étais bien trop préparé, je pensais que cela allait être plus complexe mais la certification là est assez simple à passer si vous avez de l’expérience dans l’administration système. Si vous êtes un administrateur système Junior, il faut bien s’entraîner avant car l’une des contraintes de l’examen est le temps. Personnellement, j’avais terminé l’examen en 1h20 ou 1h30. J’ai conservé le temps restant pour vérifier mes réponses.

Il me reste le deuxième niveau à passer, je ferais un autre article à ce sujet dés que cela sera terminé !

Note : ce n’est pas la peine de me poser des questions trop précises sur l’examen ou son contenu. Je ne pourrais pas vous répondre, cela est interdit par la Linux Foundation. 

2 réflexions au sujet de « Passage de la certification LFCS »

  1. J’ai aussi profité de la réduction, le cours + l’examen inclus pour la modeste somme de 179$.
    Les cours sont très bien écrit et il y a 42 chapitres à parcourir.

    Félicitation !

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